Accueil Biographie
Filmographie
notes de l'auteur
Informations techniques
Cannes 2005
Niger 2005
Dakar 2007
Contact



Le mot de l'auteur

Quand j'étais petite, à Niamey, le cinéma était magique.
À Lakuruusu, dans mon quartier, la Reine de Saba et Cléopâtre
qu’on croyait africaines avaient subitement pris des traits
de femmes blanches, à travers ceux de Gina Lollobrigida
et de Liz Taylor.

À voir les affiches des films, on avait tout faux…
Nous ne connaissions absolument rien à notre histoire,
avant que le cinéma arrive chez nous.

Certains soirs, on frisait l’émeute parce que Ramsès II
alias Yull Brynner ressuscitait dans les 7 Samouraï
ou Charlton Heston qu’on avait vu la veille, en Moïse,
était devenu El Cid ...

Il faut dire qu’à cette époque, le cinéma était une affaire de Blancs.
Et ces Blancs-là avaient quelque chose de divin.
L’image avait une telle force que pas une seconde,
nous ne mettions en doute ce que nous voyions sur l’écran.
Jusqu’au jour où apparurent nos acteurs à nous.

Les hommes n’étaient pas de ces héros hollywoodiens
auxquels nous étions habitués.
Les femmes n’étaient ni des vamps, ni des stars.
Ils étaient normaux. Ils avaient une couleur normale.
Un physique normal… Des êtres humains, en somme.
Ça a été un choc pour tout le monde.

Rahmatou KEÏTA